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  La vierge del Pilar

  
 


La tradition orale concernant la Vierge du Pilier (del Pilar) remonte au début de la chrétienté. On raconte que les apôtres, après la Pentecôte, pour répondre à la demande de Jésus : «Allez, enseignez toutes les nations», se sont distribué les différentes parties du monde. Saint Jacques aurait reçu la charge de la partie occidentale qu’on connaissait à l’époque. C’est ainsi qu’il se trouva en Espagne dans une ville nommée Caesaraugusta (César Auguste) qui a donné le nom de la ville actuelle Saragosse. Son ministère était pénible. Un soir, en l’an 40, il reçut la visite de la Vierge Marie, debout sur un pilier, venue le réconforter.

À partir de ce soir béni, grâce à cet encouragement, le ministère de saint Jacques devint fructueux. À l’endroit du Pilier fut élevée une basilique, la basilique de Notre-Dame del Pilar.

Pour nous, Marianistes, ce lieu est d’une grande importance. C’est là que le fondateur, le Bienheureux Guillaume-Joseph Chaminade, exilé pendant trois ans lors de la Révolution française, a mûri le projet qu’il entretenait depuis longtemps de travailler à redonner à la France son âme chrétienne.


SURPRISE !

Les Frères de Marie (ainsi appelait-on les Marianistes en ce temps-là) ouvrirent une école primaire à Chimay (Belgique), tout près de la frontière France-Belgique. C’était en 1890.

Une fois installés, découvrant peu à peu les alentours, ils se rendirent à l’église collégiale et là «tandis qu’ils visitaient une à une les diverses chapelles latérales, leurs yeux s’arrêtèrent tout à coup sur un grand tableau, au coloris austère, au cadre surmonté d’un groupe équestre dans la figure centrale duquel ils reconnurent Notre-Dame del Pilar».

 
Puis, poussant plus loin l’exploration des arcanes de la ville, ils découvrirent un grand nombre de petites chapelles ici et là. L’une d’entre elles portait le nom de Notre-Dame de l’Arbrisseau. On y voyait une statue représentant Notre-Dame del Pilar. Et on était en Belgique! «Décidément, se dirent-ils, l’Espagne a passé par ici».

En effet, l’Espagne était passé par là.  Que s’était-il donc passé? Voulant en savoir davantage au temps où le Père Simler «rendait familière cette image de notre Mère du ciel [et que] nous nous contions sa légende, les merveilles de la basilique de Saragosse…» nous avons eu recours à «l’érudition locale» pour découvrir comment il se faisait que ces vestiges du «culte le plus national de la catholique Espagne» se trouvaient en Belgique.

Mais pourquoi, la chapelle porte-t-elle nom de Notre-Dame de l’Arbrisseau? La légende dit qu’un officier qui portait toujours sur lui une statuette de Notre-Dame del Pilar, après la terrible défaite de son armée, promit à la Vierge de lui élever une chapelle si elle daignait l’aider à sauver quelques restes de cette armée en déroute. Ils arrivèrent sains et saufs à la frontière et l’officier déposa la statuette entre les branches d’un arbre. Les gens des alentours vinrent et l’appelèrent Notre-Dame de l’Arbrisseau.

L’officier accomplit son vœu et fit bâtir une chapelle qui «fut inaugurée en 1677, ainsi que le dit avec originalité l’inscription suivante :

                VIVe IesVs, VIVe son sang
                VIVe MarIe, VIVe son fLans
                DVqVeL IesVs treVVa son sang.

(Les lettres majuscules, prises comme chiffres romains et additionnées, donnent respectivement par ligne les sommes 28, 1073 et 576, au total 1677).

L’histoire est savoureusement racontée dans Le Messager de la Société de Marie (Avril et mai 1901).

 

 


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