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L’effort missionnaire en Côte d’Ivoire

DES VOLONTAIRES POUR LES MISSIONS

Au tournant des années soixante, une phrase choc revenait sans cesse comme un appel: c'est l'heure de l'Afrique! Cet appel pressant, les Marianistes eurent l'occasion de l'entendre à St Anselme de la bouche d'un ardent missionnaire, le Père Petit de la délégation apostolique pour l'Afrique de l'Ouest. Après un long discours enflammé sur les besoins de l'Église missionnaire, il demande aux religieux s'ils seraient prêts à s'engager. Plusieurs lèvent la main. Stimulé par cette générosité, il prend l'initiative d'aller rencontrer le Supérieur Général des Marianistes à Rome pour lui proposer d'envoyer des Religieux canadiens en Côte d'Ivoire, pays prospère qui venait d'accéder à l'indépendance.

LE SUPÉRIEUR GÉNÉRAL S'EN MÊLE

Une correspondance intensive s'engage alors entre le Père Gabriel Arsenault, agissant comme supérieur régional et le Père Hoffer, supérieur général. Ce dernier se fait pressant pour inciter les Marianistes à répondre à cet appel de l'Afrique. Pourtant, à ce moment, d'autres oeuvres sollicitent l'attention des religieux au Québec. Et les vocations ne pleuvent pas bien fort! Des départs missionnaires imposeraient de lourds sacrifices aux jeunes oeuvres canadiennes...

Malgré cela, l'esprit missionnaire est bien vivant, et même, depuis deux ans, un premier religieux, le Frère Jean Charles Casista a répondu à l'appel pour aller prêter main forte aux Marianistes suisses à Lama Kara, puis aux Français à Brazzaville.

UNE VISITE CONVAINCANTE

Sur les instances du supérieur général, en mai 1961, le Père Arsenault se rend à Abidjan, ville en pleine croissance. Il rencontre Mgr Bernard Yago, premier évêque ivoirien du diocèse de la capitale. Celui ci propose de prendre en charge l'Externat St Paul, école attenante à l'église cathédrale et principal établissement primaire catholique de l'archidiocèse, mais aux prises avec de graves difficultés.

LA MALARIA S'EN MÊLE

Après ce voyage de quinze jours, le Père Arsenault revient présenter le projet à son conseil. Mais, côté santé, rien ne va plus. Ce qui semblait être les fatigues du voyage devient, quelques jours plus tard, un cas d'hospitalisation à l'Hôtel Dieu de Québec. On découvre qu'il a la malaria. Dans les Annales de l'Hôpital, c'est le troisième cas en plus de 100 ans! Et la convalescence sera très lente.

DÉBUTS PÉNIBLES

Entre temps, la décision est prise : des Canadiens iront à Abidjan. Le Frère Jean Péron est désigné comme Directeur, assisté du Frère Jean Charles Casista qu'on appelle du Congo, et le Père Robert Ouellette sera l'aumônier. Le premier sur place est le Frère Jean Charles, arrivé le 8 août. Le 14, il accueille ses confrères. Laissons lui la parole : «Un groupe d'instituteurs et d'élèves arborant le costume de l'école est aussi sur place. Pendant les dix premiers jours, nous commençons à préparer la rentrée des classes, mais voilà que le dimanche, 27 août, il nous faut hospitaliser puis rapatrier Fr. Péron à cause de son état de santé.»

LE FRÈRE FERNAND SAUVE LA SITUATION

Télégrammes et correspondance commencent à s'échanger. On était à un mois de la rentrée scolaire et tout était à faire. Après une réunion d'urgence du conseil, le Père Arsenault propose au Frère Fernand Bibeau de rejoindre Abidjan au lieu de partir au Second Noviciat à Rome. Mais le Fr. Fernand est déjà en route vers l'Italie. La nouvelle le rejoint à New York. Changement d'itinéraire, changement de billet et destination Paris où un télégramme du Supérieur Général vient confirmer la décision: «Partez, Abidjan.» Le douze septembre, sous le soleil de plomb de midi, il était accueilli à son tour à Abidjan.

TOUT EST À FAIRE...

«Dès mon arrivée, écrit le Frère Bibeau, il a fallu me mettre à l'ouvrage. Aucun livre n'avait été commandé... Pratiquement tout doit venir de France. Un autre travail qui m'a cassé les reins en arrivant, c'est celui des inscriptions. Il a fallu recevoir l'un après l'autre les parents des 570 élèves... La plupart revenaient pour demander des réductions de scolarité, pour payer, pour ramener les formules d'inscription... le Frère Charles fait un travail formidable comme secrétaire et économe.» Ils en voient de toutes le couleurs ces nouveaux missionnaires éducateurs! Le Frère Charles témoigne : « Les classes commencent dans un certain désordre, car l'ancien directeur, évincé, n'a laissé aucune liste d'élèves inscrits pour la rentrée...» Le personnel enseignant comprend une vingtaine d'institutrices. La moitié des élèves ne sont pas baptisés et un gros travail de catéchuménat est à entreprendre. Le Père Ouellette s'en occupe et donne en plus des cours d'anglais.

UNE ÉCOLE POUR BLANCS OU POUR NOIRS?

Une tâche de longue haleine reste à faire au fil des ans: à leur arrivée à Abidjan, les Marianistes ont trouvé «une école exclusivement européenne. Pas même une moyenne d'un africain par classe; corps enseignant entièrement français, alors qu'on avait parlé de maîtres africains et de petits africains. La situation est tout autre « nous rapporte le Frère Charles.

Peu à peu, grâce au travail patient des religieux canadiens, le changement se fait, en réponse d'ailleurs aux voeux du Président Houphouet Boigny qui déclare:» Portons remède à la plaie plus vive de notre nation. Il faut en effet démocratiser l'éducation à tous les niveaux car s'il existe des richesses potentielles exploitables, il y a une richesse, l'intelligence des enfants, qui, si elle n'est pas exploitée dans l'immédiat, reste perdue pour toujours.»

DU RENFORT DURABLE

Entre temps, en 1962, il a fallu remplacer le Père Ouellette appelé à une autre mission marianiste au Kenya. Le Père Rosaire Côté qui vient de terminer une année d'étude pastorale à Ottawa accepte ce poste. Laissons lui la parole: «Moi qui avais rêvé de prendre part à l'essor de l'Institut Ste Marie alors en pleine structuration, je me retrouvais en terre africaine sans l'avoir expressément demandé. Et pour combien de temps? J'acceptais volontiers cet effort missionnaire bien admis par l'ensemble des religieux.» En réponse concrète à sa question : pour combien de temps? le Père Rosaire Côté, comme le Frère Fernand Bibeau, oeuvre toujours en Côte d'Ivoire.

PROJETS ET RÉALISATIONS

«Le Frère Fernand n'arrêtait pas de faire des projets: constructions, ouverture d'un cours secondaire, création d'une annexe... Le nombre d'élèves a doublé, nous dit le Père Rosaire. J'essayais de le suivre et de servir de mon mieux tant à l'école que comme vicaire auxiliaire à St Paul. Très vite, nous avons senti que ce milieu serait un cadre trop étroit pour nos possibilités et les besoins. Avec l'encouragement des autres missionnaires et du Supérieur Général venu nous rendre visite, nous commencions à étendre nos activités au quartier populaire de Treichville et bientôt nous y fixions notre habitat...» Les confrères français apportent leur collaboration. Le Frère Henri Veyret prend la direction de cette école de 500 élèves, tous africains ainsi que leurs maîtres. Bientôt, ils seront 800!

«Un deuxième tournant ne devait pas tarder. En 1966, année très marquante, nous assistons à l'ouverture d'un cours secondaire à Saint Jean Bosco, à l'ouverture d'un pré-juvénat dans les locaux annexes à notre résidence et à l'arrivée des Marianistes français, expulsés de Brazzaville, pour prendre en charge le grand Collège catholique d'Abidjan, Notre Dame d'Afrique. On pouvait dire que l'essentiel des fondations étaient faites. Cinq ans après leur arrivée en Côte d'Ivoire, les Marianistes étaient bien implantés à Abidjan.»

DU BEAU TRAVAIL COMMUNAUTAIRE

En septembre 1964, en effet, le Frère Jean Marie Larochelle, nouveau venu du Canada prend la direction de l'école St Jean Bosco où «même des élèves musulmans tiennent à s'inscrire dans nos écoles parce qu'on y parle du bon Dieu.» Le Frère Irénée Breton et, plus tard, son frère, le Père Jacques, viennent aussi apporter leur concours, assistés de confrères de France, les Frères Aloïs Hemmerlé et Aldo Marmara.

«Un moment, écrit le Père Rosaire, nous étions sept Marianistes à Treichville, attelés à trois oeuvres principales. Ainsi, le Frère Jean Marie est directeur diocésain de l'Enseignement catholique et le Père Jacques, curé de Gonzagueville. Les écoles vont bon train. Nous restions une communauté très unie ayant une cour gazonnée, une chapelle spacieuse, des sorties et des retraites régulières... et même de bruyantes parties de Joffre avec les Coopérants, les gens du Suco ou de la Coopération, dont Vianney Gilbert de St Anselme, qui avaient leurs quartiers dans le bâtiment du Collège St Jean Bosco.»

MISSION ACCOMPLIE

Mgr Yago est très satisfait: «L'Externat St Paul est une école pilote; je voudrais que nos autres écoles s'inspirent de sa marche. «L'Annexe St Paul, établie dans un autre quartier, et qui laissait les gens sceptiques, a vite pris un départ foudroyant et n'est pas assez grande. L'objectif des Marianistes canadiens est de travailler à l'africanisation, c'est à dire de permettre aux Ivoiriens de devenir autonomes. Ainsi, en 1970, l'école primaire St Jean Bosco est confiée aux éducateurs en place, et, huit ans plus tard, le Frère Irénée Breton rentre au pays en laissant la direction de l'Externat St Paul et de son Annexe entre les mains des laïcs.

Aujourd'hui, après plus de vingt cinq ans de présence à Abidjan, le Frère Fernand Bibeau, assisté de ses confrères Dominique Martineau et Michel Lemay au Collège St Jean Bosco, est entouré d'une équipe capable d'assumer les responsabilités du monde de l'éducation. Tout en continuant leur oeuvre, ces éducateurs peuvent dire à bon droit : Mission accomplie!

NOUVEAUX HORIZONS

En 1972, après avoir passé onze ans à la capitale, le Frère Casista est attiré par d'autres tâches apostoliques dans le nord du pays, à Tingrela, pendant 18 mois, puis à Korhogo où le Père Rosaire Côté va le rejoindre en 1976 pour prendre en charge la mission centrale, répondant ainsi aux appels de l'évêque du lieu, Mgr Nobou. Un confrère espagnol, le Père Echeverria, ancien missionnaire à Abidjan vient se joindre à eux. Le Père Derr des Missions Africaines complète l'équipe pastorale.

UN PARI SUR L'AVENIR

«La fondation de Korhogo, écrit le P. Côté, est un effort de toute la Province canadienne pour suivre les nouveaux appels de la Société de Marie. D'une certaine façon, c'est un pari sur l'avenir. Pour entrer dans le courant d'une nouvelle ère d'évangélisation, les Marianistes sont invités à se tourner vers des régions neuves, «même si cela doit entraîner des modifications dans les oeuvres actuelles». Le 7 octobre, la communauté marianiste est au complet. Le chantier pour la construction de l'église cathédrale démarre dans quelques jours. On prévoit son utilisation, même si elle n'est pas terminée, pour Noël prochain!» Ce qui se fera.

CINQ ANS DE VIE INTENSE À KORHOGO

Pendant quatre ans, la vie missionnaire est intense à Korhogo qui a même la joie de fêter les 75 ans de présence catholique dans la région. Le Père Rosaire participe activement à la rédaction d'une brochure sur l'historique de l'Église de Korhogo, en vue d'intéresser les chrétiens et le public sénoufo.

Un centre de formation pour catéchistes est inauguré. A l'automne 1980, le Père Côté quitte la paroisse cathédrale pour rejoindre la vaste mission de Kouto à 120 km au nord ouest. Le Frère Charles complète une autre année missionnaire et rentre au pays.

DOUBLE PRÉSENCE PASTORALE À KOUTO

À Kouto, une nouvelle communauté se forme en coresponsabilité avec la Province de France représentée par le Frère Saulnier et le Père Hiebler, remplacé en 1985 par le Père Bach. Le conseil de l'évêque a fortement approuvé la venue du Père Côté dans cette région où 25 villages déjà possèdent un petit noyau de chrétiens ou de catéchumènes, d'autant plus que la ville de Korhogo voyait arriver sept nouveaux missionnaires. Le Père Breton, de passage sur les lieux, décrit la mission de Kouto : « Arrivé sous le soleil de plomb de midi, je fus ébloui sur le coup : l'église entièrement remise à neuf et surtout le presbytère qui laisse deviner les nombreux coups de marteaux et de pinceaux de ceux qui ont voulu en faire une maison où il est agréable de vivre, sans parler des fleurs et, bien entendu, des moutons: tout respire la vie qui a envie de jaillir de nouveau.»

ACTION MISSIONNAIRE

Même si la mission de Kouto a 60 ans d'existence, c'est toujours une mission de première évangélisation. Marquée par la région aride et pauvre, la population reste fortement attachée à ses traditions animistes.

Mais à Kouto même, une communauté de 600 chrétiens, 12% de la population partagée entre animistes et musulmans, s'enracine au fil des ans. Et cela continue à faire tache d'huile dans les villages environnants où surgissent ou se consolident des débuts de communautés chrétiennes. Les deux Pères, Rosaire et François, couvrent près de 45 villages, prenant temporairement en charge les 10 villages de la mission voisine privée de son missionnaire pendant un an. Le Frère André activement engagé dans le développement rural, met en marche une coopérative d'élevage de boeufs d'attelage. Tout cela n'est possible et n'a d'avenir qu'avec la formation de catéchistes et d'animateurs locaux, action prioritaire qui s'accentue d'année en année. Des signes de cet engagement: la rénovation, en cours, d'un centre d'accueil à Kouto pour faire encore mieux fonction de «Maison des Catéchistes»; et de nombreux jeunes et adultes qui gravitent autour de la mission pour assurer son avenir avec l'aide et dans l'esprit de la Vierge Marie.


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