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HISTOIRE DE NOS DÉBUTS À SAINT-ANSELME

 

«Saint-Anselme peut paraître un modeste village avec ses «buggies» et ses divertissements tout simples, mais c'est un lieu imprégné de sainteté.
 

Le pont sur la rivière Etchemin à l'extrémité sud du village de Saint-Anselme en 1938.  


Les consolations et les succès attendent les pionniers marianistes dans cette nouvelle région du Québec. Je n'oublierai jamais l'impression que m'ont laissée les gens de St‑Anselme par leur sincérité religieuse... Avec un tel berceau pour la Famille marianiste, quels hauts faits de dévouement à Marie et à l'Église ne pourra‑t‑on pas raconter quand la Province du Canada célébrera son jubilée d'or et son centenaire?»

(Père Kramer SM, co‑fondateur de la Villa Chaminade, à son retour aux États‑Unis en 1944.)

«VOILÀ LES FRÈRES QU'IL NOUS FAUT» !
 
PROJETS ET DÉMARCHES
(1937 ‑ 1938)

UNE COMMUNAUTÉ DE PLUS AU QUÉBEC
 

Il y avait déjà passablement d'Instituts religieux de tous genres au Québec dans les années 30 et ils y accomplissaient des merveilles! Cependant, la Vierge Marie voulut ajouter à ce bouquet sa petite fleur bien à Elle...
 
Et alors vinrent les Marianistes...
 
Quel pouvait être le dessein de Marie pour sa Société dans ce milieu en cette tranche du siècle? Quel est‑il pour les années à venir? Peut‑être, à l'occasion de ce Cinquantenaire nous sera‑t‑il possible de l'entrevoir en «méditant en nos coeurs» les événements entourant la naissance et le développement, timide, mais combien significatif, des Marianistes au Québec.

UNE LONGUE ESPÉRANCE
 
Comme dans l'Évangile, cette naissance fut le fruit d'une longue espérance, d'annonciations et de rencontres, d'engagements d'hommes de foi prêts à tous les renoncements pour une grande cause.
 
L'espérance d'un rajeunissement des Marianistes de l'Ouest, au Manitoba depuis un peu plus de 50 ans, allait rencontrer l'attente d'un Curé de l'Est et de sa paroisse, pour accueillir des Frères éducateurs.
 
Des hommes providentiels allaient jouer le rôle d'intermédiaires pour cette rencontre. Une rencontre préparée de longue date par la Vierge Marie...

UNE ARRIVÉE TRÈS ATTENDUE

 
Du haut de la chaire de St‑Anselme, en ce dimanche 21 août 1938, solennité de l'Assomption de Marie, ce n'est pas sans émotion que le Curé Omer Carrier annonçait à ses paroissiens: « Nous souhaitons la plus cordiale bienvenue au Rév. Frère Joseph Provencher, Marianiste, qui a été nommé par ses Supérieurs pour venir ouvrir ici une école pour les garçons.» Voilà! En quelques mots, tout était dit sur l'arrivée des Marianistes au pays du Québec. Mais ces mots évoquaient bien des choses dans l'esprit de ce dévoué prêtre. En ce jour de l'aboutissement de son projet, il revoyait le film mouvementé de ses nombreuses démarches.

UN VIEUX RÊVE QUI REFAIT SURFACE
 
Curé de St‑Anselme depuis à peine deux ans, l'abbé Omer Carrier cherchait des Frères pour l'éducation de la jeunesse. Était‑ce le retour d'un vieux rêve, remontant aux temps du tout premier curé, l'abbé Jean‑Baptiste Bernier? En effet, le 12 janvier 1856, il avait convoqué les paroissiens pour «une affaire de haute importance qui n'est rien moins que de bâtir une maison d'école qui sera tenue par les Frères de la Doctrine Chrétienne.» Et il ajoutait: «Il y a quelques années, on avait voulu convertir le presbytère (dont le rez‑de‑chaussée avait été pendant 20 ans la première église paroissiale) en école des Frères, mais le plan n'ayant point rencontré l'approbation des paroissiens, avait été abandonné. Mais aujourd'hui, cette idée‑là vient de se réveiller.»
 
À deux autres reprises, le mois suivant, l'abbé Bernier revenait à la charge pour «l'affaire du collège»; mais cela n'aboutirait pas et allait au contraire «causer bien du trouble», comme il l'a noté après coup au cahier des prônes. Cependant, son successeur, de 1857 à 1875 l'abbé Charles Édouard Poiré devait «fonder à ses frais le Couvent de St‑Anselme, ouvert en 1862; et si ses paroissiens ne s'étaient pas objectés, le Collège classique de la Rive Sud ne serait pas à Lévis mais à St‑Anselme»! Du moins, c'est ce qu'en pensait l'abbé Ernest Arsenault, auteur de l'histoire de St‑Anselme, après y avoir été curé de 1962 à 1973.

À LA RECHERCHE D'UNE COMMUNAUTÉ MARIALE
 

L'abbé Carrier avait pris contact avec les Frères de St‑Gabriel, mais c'est surtout avec son évêque qu'il avait parlé de son projet, exprimant même le désir, à cause de sa dévotion mariale, de trouver une communauté consacrée à Marie. Archevêque de Québec depuis 1931, le Cardinal Jean‑Marie Rodrigue Villeneuve était assez bien placé pour connaître les communautés religieuses, étant lui‑même Oblat de Marie Immaculée.

SOUVENIRS D'UNE VISITE AU MANITOBA
 

Il avait en particulier en mémoire une récente visite qu'il avait faite dans une école de St‑Boniface, au Manitoba, en se rendant à un Congrès eucharistique à Vancouver, en juin 1936. Cette institution, l'École Provencher, du nom du premier évêque de St‑Boniface, était dirigée par les Marianistes depuis 1899, à la suite d'une première école ouverte à Winnipeg à leur arrivée au Canada en 1880.

UNE RENCONTRE CAPITALE

Cette visite n'avait pas laissé les Marianistes indifférents. Puisqu'ils étaient à la recherche de vocations religieuses, pourquoi ne pas aller du côté de Québec? Après tout, c'est là qu'était la source de la vie française au Canada. Le Frère Joseph Bruns, directeur de l'Ecole Provencher, s'était entretenu de ce projet avec Mgr Émile Yelle, Sulpicien, devenu depuis trois ans à peine, évêque auxiliaire de St‑Boniface. Cela rencontrait les idées de Monseigneur qui se charge même d'agir en intermédiaire pour établir des relations avec l'Archevêque de Québec.
 
Le Frère Bruns devait justement se rendre à New‑York au début de janvier 1937. Pourquoi ne pas faire un détour du côté de Québec pour rencontrer le Cardinal? Celui‑ci se montra d'abord hésitant: n'y avait‑il pas déjà suffisamment de communautés religieuses au Québec? Cependant, il crut en l'avenir d'une oeuvre marianiste orientée sur l'éducation. Se rappelant la demande du curé de St‑Anselme, il propose d'y faire la fondation désirée.
 
Il nous manque des données sur cette rencontre providentielle qui est comme la première «annonciation» de la naissance des Marianistes au Québec. Mais nous pouvons voir, dans le rôle de médiation joué par le Cardinal Villeneuve, cette âme mariale et missionnaire, un signe d'une attention spéciale de Marie. Les biographes de l'illustre prélat lui reconnaissent un «charisme d'encouragement... Que de semailles ont été entreprises, que de gerbes levées dans le champ du Père de famille, grâce aux encouragements du Père Villeneuve».

UN CHASSE‑CROISÉ DE LETTRES
 
À partir de là, les négociations se firent directement entre l'abbé Carrier et le Père Juergens, Supérieur provincial des Marianistes à St‑Louis, Missouri, dont dépendaient les Marianistes du Canada. Cet homme éclairé, qui sera plus tard Supérieur Général de la Communauté ne craignait pas de consulter les religieux du Manitoba et parfois Mgr Yelle avant d'en saisir son propre Conseil.

PREMIÈRE PROPOSITION, TROP HARDIE
 
À l'été de 1937, le projet se précise: l'abbé Carrier avait exposé son plan au Père Juergens. Il proposait aux Marianistes de construire un Postulat et de diriger une école d'une centaine d'élèves. Cette école serait indépendante, car les Frères n'étant pas payés par le Gouvernement, la Commission scolaire n'était pas d'accord pour les prendre en charge. On pouvait avoir un terrain : deux fermes étaient à vendre...
 
De St‑Louis, le Père Juergens informe le Frère Bruns. «Cette proposition ne donne pas assez d'espoirs! Nous ne pouvons pas acheter une ferme et construire une école n'importe où, pas même au Québec malgré toutes les vocations qu'il pourrait y avoir!» Mais,  le Provincial concluait, plus serein : «Priez; je ne me laisserai pas arrêter par ce premier blocage.»

NOUVELLE PROPOSITION, ACCEPTABLE
 
Mgr Yelle insista pour qu'on n'abandonne pas le projet. Devenu plus réaliste, l'abbé Carrier fait une nouvelle proposition en mars 1938. Il ne s'agit pas de construire un Postulat pour le moment, mais d'engager deux ou trois Frères pour enseigner aux garçons. « Envoyez‑nous, écrivait‑il, une copie du contrat à faire avec la Commission scolaire; avec des renseignements (nombre, salaire, logement) nous tiendrons un référendum dans la paroisse». Et il conclut, exhortatif : «Les débuts pourraient être un peu ardus, mais je suis convaincu que pour votre Congrégation, il y aurait un bel avenir et que vous ne tarderiez pas à construire un postulat ici... Je serais si heureux que vous puissiez nous accorder notre demande : ce serait la réalisation d'un de mes plus chers désirs.»
 
L'abbé Carrier met sur pied un comité d'hommes sérieux et dévoués pour travailler à ce projet qui lui tenait tant à cœur : MM. Alexandre Baillargeon, maire du village, Oscar Mercier, secrétaire‑trésorier de la paroisse, Albert Deblois, propriétaire d'une scierie et Joseph Pelchat de la Fonderie.
 
Cette fois, on devait arriver très vite à un premier accord: au cours du mois d'avril 1938, tout devenait clair. Trois Frères étaient promis: on prévoyait déjà deux religieux canadiens pour le début et un Français viendrait la deuxième année. Le Curé propose de les prendre avec lui au presbytère, moyennant $150 par an et par Frère «pour pension, logement, blanchissage, raccommodage»; le salaire serait de $500 par an et par Frère; on ferait un contrat de deux ans. Le 23, le P. Juergens annonçait l'arrivée des Frères pour le mois d'août et déléguait le Père Resch, alors maître des novices, pour établir et signer le contrat.  

 
Quelques jours après, le P. Resch se rendant à St-anselme renouait avec le Cardinal qui n'avait rien oublié du projet et lui accordait avec joie sa bénédiction. Le 30 avril 1938, le contrat était signé par le P. Resch au nom des Marianistes et par Napoléon Audet, Président de la Commission scolaire.

RAPPORT TRÈS FAVORABLE DU PÈRE RESCH
 
Peu après, en mai, le P. Resch envoyait le rapport de sa «mission» au Provincial. Après avoir résumé les démarches antérieures, il présente «la modeste école de village, à trois classes» et brosse un tableau peu reluisant de son atmosphère : «personne n'est satisfait; les garçons du village semblent être laissés à eux‑mêmes; c'est autre chose pour les filles, grâce aux Soeurs.» Deux Frères suffiront la première année car l'ancien maître déjà sur place, M. Auguste Lavallée, pourra ainsi terminer sa carrière après 22 ans de service: «Ce maître expérimenté, s'il est bien encadré, pourrait être d'un grand secours pour nos deux Frères au début.»
 
Le rapport continue sur un ton très optimiste quant aux possibilités d'avenir : augmentation rapide du nombre d'élèves venant des 13 villages du doyenné où les Frères seront vite connus; possibilités de recrutement dans ces 13 paroisses; «faisabilité» d'un Postulat dont «on parle déjà à St‑Anselme...»
 
Quant au logement des Frères, le presbytère, «la plus belle résidence du village et la mieux équipée», il y «règne un petit air monastique très attrayant, surtout dans les appartements réservés aux Frères.» Le Curé, homme bon, simple, sympathique, craint que les gens n'aimeront pas voir des Frères en habits civils; il ne voudra certainement pas que les Frères visitent les familles et fument... Lui et son vicaire accueilleront les Frères avec joie!

DÉSIGNATION DES PREMIERS FRÈRES
 
Dans une lettre très dépouillée du 6 mai, le Provincial annonçait au Frère Provencher, alors Directeur de la Communauté de St‑Jean‑Baptiste, au Manitoba, sa nomination comme futur Directeur à St‑Anselme; son confrère, le Frère Vermette, était lui aussi mis au courant et était invité à entrer en rapport avec lui pour préparer ensemble la future fondation. Un bon mot du P. Resch, du 30 mai 1938, encourageait le futur fondateur de l'oeuvre canadienne:
 
«Je vous reconnais bien dans les beaux sentiments si simplement exprimés dans votre lettre d'acceptation. Très certainement, Notre‑Seigneur et sa Sainte Mère vous aideront dans l'établissement que nous allons entreprendre à St‑Anselme. Je vous conseille de lire et de méditer l'article 130 de l'Esprit de notre Fondation, où notre vénéré Fondateur exhorte ses fils à la confiance en Marie dans leurs besoins... En attendant, prions et faisons prier pour le succès du projet. Je l'ai recommandé à Ste‑Anne de Beaupré lors de ma visite à Québec. Je vous envoie un souvenir.»

TEMPÊTES...
 
Tout allait bien et s'annonçait bien quand brusquement éclata l'orage, venant de haut et de deux côtés à la fois, menaçant de tout faire s'écrouler. On était au début de juin.
 
D'un côté, la Commission scolaire de St‑Anselme reniait ses engagements, entraînant, par «ce vilain coup» le Surintendant à refuser de signer le contrat. «Tout ce qui a été fait ne vaut plus rien», écrivait l'abbé Carrier, le 10 juin, au Père Juergens.
 
De l'autre une lettre «sans appel» du Cardinal, déclarant à l'abbé Carrier «ne pouvoir accepter les Frères marianistes dans le diocèse, s'ils ne portent point, habituellement la soutane, comme habit religieux.» Condition sine qua non, car «nous pouvons très facilement trouver un Institut qui accepterait St‑Anselme... Je ne crois donc pas pouvoir céder sur ce point. Du reste, le Chapitre refuserait son assentiment à l'acceptation d'une nouvelle communauté, si elle ne se rendait pas à notre exigence.»
 
Ces deux difficultés, à première vue menaçantes et ruineuses, furent assez facilement contournées, avec même des effets bénéfiques, poussant à préciser dans un cas pourquoi on voulait des Frères; et dans l'autre pourquoi des Marianistes?  

«NOUS VOULONS DES FRÈRES!»
 
Face à ces difficultés, l'abbé Carrier manifeste beaucoup de confiance et de détermination. «Nous n'abandonnerons pas la partie, écrit‑il au P. Juergens, le 10 juin; nous avons l'intention d'ouvrir une école indépendante de la Commission scolaire. Nous cherchons à louer une maison pour servir d'école... Évidemment, cela va nous demander de gros sacrifices... Les Frères ne seront pas aussi bien installés pour faire la classe.. Ce qui est sûr, c'est que les élèves ne manqueront pas. Nous avons même reçu des demandes des paroisses voisines... Je suis convaincu que si vous pouvez envoyer des Frères, l'école des Frères sera remplie d'élèves!» Et il demandait, si possible de baisser le salaire des Frères à $400 au lieu de $500, «cela nous aiderait beaucoup.» Ce à quoi, le P. Juergens donna son accord de principe pour la première année, mais souhaite un retour à $500 pour la deuxième; il se déclare peiné de la tournure des événements mais se dit prêt à soutenir l'abbé Carrier et à collaborer avec lui.
 
À St‑Anselme, une assemblée des paroissiens intéressés élit cinq commissaires pour former une école indépendante: MM Alexandre Baillargeon, Joseph Pelchat, Émile Lessard, Thomas Lamontagne et Napoléon Morin. M Pelchat est choisi comme Président, et, le Secrétaire est M. Oscar Mercier. AVEC OU SANS SOUTANE?
 
L'exigence de la soutane était reçue différemment ici et là‑bas : si cela semblait aller de soi à St‑Anselme, cela causait un grand étonnement à St‑Louis et à St‑Boniface. «Nulle part ailleurs, pas même à Rome où nous conduisons un Collège florissant de 800 élèves, nos Frères sont‑ils obligés de porter la soutane!» Le P. Juergens l'écrivait à Mgr Yelle «qui avait vu les Frères au Manitoba en costume civil», et à l'abbé Carrier, leur demandant d'intercéder auprès du Cardinal... Et il ajoutait comme argument, dans sa même lettre du 18 juin 1938: « Notre vénéré Fondateur, le Bon Père Chaminade voulait que ses Frères portent la redingote comme habit religieux, usage approuvé et béni par l'Église, précisément pour être plus acceptables aux gens... Notre motif c'est simplement de rester fidèles à l'esprit de l'apostolat laïc qui était si cher à notre Fondateur, et qui joue un si grand rôle dans l'Action catholique de Sa Sainteté notre glorieux Pontife Pie XI.»
 
Ni Mgr Yelle, ni l'abbé Carrier jugèrent bon d'intervenir: «Cela est impossible, déclara ce dernier, dans une lettre du 28 juin 1938, car je pense comme lui!» Et il continue: «C'est ma conviction profonde que vos Religieux seront moins respectés, auront moins d'influence en ne portant pas la soutane auprès de nos enfants et de toute la population.». Même les Directeurs de l'école indépendante «sont bien peinés de cette question de costume, mais eux aussi veulent des religieux portant la soutane et ils vous supplient de vous rendre à la volonté de son Éminence.» 

«VOILÀ LES RELIGIEUX QU'IL ME FAUT»
 
Pour appuyer cette volonté populaire et cette exigence du Cardinal, l'abbé Carrier va chercher des raisons dans la pensée même du Père Chaminade : le P. Resch lui avait laissé des écrits sur le Fondateur: «Je suis frappé, dit‑il, de la largeur de vue de cet homme de Dieu. S'il a voulu donner aux Frères un costume qui puisse leur permettre de pénétrer dans les milieux même les plus hostiles, je ne puis me convaincre qu'il eut refusé l'établissement de ses religieux dans  un pays profondément catholique parce que l'autorité religieuse aurait exigé le port de la soutane par les Frères...» Et il continue par ailleurs dans la même lettre: « Si vous croyez devoir refuser, vous vous fermez la porte du Diocèse de Québec et bien probablement de tous les diocèses de la Province de Québec... Il faudra nous adresser à une autre Congrégation... je tenais tant à votre Société! C'était le désir de son Éminence et aussi de Mgr Yelle... Votre refus sera un gros désappointement... Je suis enthousiasmé par la beauté de l'oeuvre accomplie par votre admirable Fondateur. C'est un véritable saint! Et je me dis : voilà les religieux qu'il nous faut pour s'occuper de nos garçons qui en ont si besoin; comme ils seraient pour nous de précieux auxiliaires! Ce sont eux que nous voulons! J'ai lu avec grand intérêt l'entrevue d'un de vos Frères en 1855 avec le Curé d'Ars. Quel magnifique éloge il a fait de votre Société! Cela augmente encore nos regrets...» et il conclut: « Je prie votre admirable Fondateur et le Saint Curé d'Ars de vous inspirer une bonne réponse, un gros oui!» 

TOUT S'ARRANGE
 
Lisant cet appel, le P. Juergens ne peut qu'exprimer sa hâte de recevoir une réponse de l'Administration générale des Marianistes en Europe. Quelques jours plus tard, elle arrivait, positive. Tout de suite, le P. Juergens en informe les intéressés, le Frère Provencher et l'abbé Carrier à qui il envoie un télégramme puis une lettre. Il précise au Frère Provencher que la soutane choisie serait probablement «celle ordinairement portée par nos prêtres, ou celle des Jésuites, fermant serrée sur le devant, sans laisser voir le collet.» « Dites un bon et fervent Magnificat et demandez à vos Frères d'en faire autant!» Oui, cela valait bien un chant de louange... car si cette question du costume n'avait pas respecté une tradition marianiste, elle avait quand même attiré l'attention sur des traits importants de la spécificité et de l'esprit marianiste... «Voilà les religieux qu'il nous faut... Ce sont eux que nous voulons...» Cette question résolue, le P. Juergens pouvait écrire, le 9 juillet: « Nous ferons notre possible pour vous aider dans votre projet de donner à vos gens une bonne école catholique digne de votre fervente paroisse et de votre population qui se sacrifie tant pour la réussite du projet.»
 
Et tout de suite, il demande un nouveau contrat, assez semblable au premier : «Votre signature fera garantie suffisante.»
 
Les choses allèrent alors très vite. Le 11 juillet, la Commission scolaire indépendante informait les commissaires de la Municipalité scolaire de St‑Anselme; le lendemain deux bâtiments aux deux extrémités du village étaient loués pour servir de classe aux élèves de l'école indépendante; et le 17, le contrat de deux ans était signé par l'abbé Carrier et M. Joseph Pelchat, Président de l'Organisation de l'École indépendante de St‑Anselme.
 
Dès réception, le P. Juergens, devançant les termes du contrat prenant effet le 1er septembre, annonce l'envoi de deux Religieux, les Frères Joseph Provencher, Directeur, et le Frère Albert Vermette. Mais ce dernier, en route pour son nouveau poste, dut être hospitalisé à Chicago à cause d'une furonculose.  

ENFIN UN MARIANISTE
 

Frère Joseph Provencher  
Le jeudi, 18 août, vers 7 h 30 du soir, l'abbé Carrier avait le plaisir d'accueillir à bras ouverts un religieux d'allure athlétique, âgé de 31 ans, le Frère Joseph Provencher. Cette année‑là, Marie aura des dévoués serviteurs au presbytère de St‑Anselme puisque le quatrième occupant est le jeune et sympathique vicaire, l'abbé Adrien Ouellet, celui qui allait fonder quelques années plus tard le sanctuaire Notre‑Dame d'Etchemin.

Enfin, les multiples démarches avaient abouti. Désormais, les Marianistes pouvaient commencer à écrire, par leur présence au Québec, une nouvelle page de leur histoire.


DE L'ÉCOLE INDÉPENDANTE À L'ÉCOLE MODÈLE
 
1938 ‑ 1940

ÉCOLE PROVENCHER ET ÉCOLE VERMETTE

Ils n'étaient pas des plus attrayants ces locaux de l'École indépendante. Situés à chacune des extrémités du village, ils appartenaient à deux marchands, MM Dollard Cloutier et Joseph Plante. Voici les premières impressions du nouvel arrivé, le Frère Provencher: «Ces locaux laissent à désirer. Ce sont des maisons privées, transformées en salles de classe. Un des locaux se trouve au deuxième étage. Il y a une famille qui demeure au premier et un magasin dans la même maison.»
 
Les gens prendront vite le tour de donner à ces deux bâtiments le nom de leur professeur attitré: la maison de M. Plante du côté nord de la rue Principale devient l'École Provencher avec les plus hautes classes; du côté de la station, la maison de M. Cloutier est appelée École Vermette.

REMPLACEMENTS
 
On s'entend pour commencer les cours le premier septembre, mais le 31 août, le Frère Albert Vermette est toujours hospitalisé à Chicago. Les Supérieurs lui trouvent un remplaçant provisoire,le Frère Armand Pariseau, jeune religieux parlant difficilement le français, et, avant son arrivée, on retient, pour deux jours, les services du frère de M. Arthur Gagné de St‑Anselme, Religieux de Ste‑Croix.

NOUS N'AVONS AUCUNE CRAINTE
 
À la rentrée, 68 élèves se présentent. On envoie ceux de 1ère  année au couvent et les autres, de la 2e  à la 9e  année, sont répartis entre les deux écoles «pour avoir les plus avancés ensemble. Ce n'est pas facile. Le tout est entre les mains de la Providence, donc nous n'avons aucune crainte», écrit notre éducateur marianiste.
 
Finalement, le Frère Vermette arrive le 18 septembre. «Nous étions heureux de le voir. Nous l'avons trouvé en bonne santé. Il ne lui restait que 8 sous pour faire la traversée à Lévis.»
 
Les deux religieux partagent leur vie entre leurs écoles respectives et le presbytère où ils se sentent bien logés, en compagnie des abbés Carrier et Ouellette. À l'occasion, ils sont invités à faire des sorties pour découvrir peu à peu cette nouvelle région si différente des plaines de l'Ouest canadien.

RAPPROCHEMENT AVEC LA COMMISSION SCOLAIRE
 
Pendant ce temps, les tensions scolaires qui s'étaient développées dans la population commencent à s'apaiser. L'inspecteur d'écoles, M. J.‑E. Gosselin, s'offre comme médiateur pour rapprocher les commissaires. Les démarches vont bien, puisqu'au mois de mars 1939, la Commission scolaire de St‑Anselme manifeste son intention d'engager les Frères. Un contrat est effectivement signé le 17 mai suivant entre les Marianistes et Adéodat Morin, Président de la Commission scolaire, donnant «l'usage gratis de l’École Modèle pour trois années consécutives. Un bonus de $500 par année sera donné aux Frères de la Société de Marie qui se réservent le droit d'exiger un mensuel qui n'excédera pas $2.00 par élève par mois.»

C'EST À REFAIRE!
 
Mais le 2 juin, nouveau coup de tonnerre dans un ciel qui s'annonçait serein. Frère Provencher écrit: «Nous avons rencontré le Secrétaire de l'Instruction Publique à Québec. Après de longues discussions, il nous a dit qu'il était impossible de faire un contrat semblable au nôtre! Nouvelle déception. L'école est là pour tous les élèves sans exception et non seulement pour un groupe particulier. Plusieurs étaient mécontents. C'est à refaire! «
 
On refit vite et bien puisque deux jours plus tard une nouvelle solution était trouvée:» Les Marianistes sont engagés par la Commission scolaire pour trois ans. Les formules d'engagement ont été envoyées aux Frères pour la signature: Frères Eugène Albert, Jacques Purcell et Joseph Provencher.»

UN DÉPART REGRETTÉ
 
Nous apprenons du même coup les noms des trois Religieux qui formeront la Communauté pour sa deuxième année. Le Frère Albert Vermette n'y sera plus. On a besoin de ses services à St‑Boniface. Sitôt les classes terminées, il quitte St‑Anselme. « M. le curé en avait les larmes aux yeux de voir partir un des pionniers. Presque tous les élèves étaient là pour lui donner la main. Il sera regretté de plusieurs, car on l'estime beaucoup ici. Il a su se faire aimer.» On pourrait en dire autant, et même plus, de celui qui écrit ces lignes, l'autre pionnier qui restera encore plusieurs années à la tâche.

LA PROVIDENCE VEILLE SUR NOUS
 
Au cours de l'été, on fait des réparations de toutes sortes à l'École Modèle. Il y aura quatre classes: une pour l'institutrice, Mlle Marie Vermette et les autres pour les Frères. Chaque Religieux recevra un salaire de $60 par mois. À la suite des élections scolaires tenues en juillet, l'unanimité est faite entre les Commissaires. De plus, le Surintendant a accepté, cette fois, les contrats présentés. Au presbytère, on s'en réjouit. «C'est incroyable! Tout va bien et la Providence veille sur nous. La Sainte Vierge y est pour quelque chose aussi.» De plus, les résultats scolaires ont été excellents: « Tous les élèves présentés au certificat ont été reçus.» En un an, les plus opposés à l'arrivée des Frères étaient devenus leurs meilleurs amis.

FIN DE L'ÉCOLE INDÉPENDANTE
 
La Commission de l'École Indépendante tient une dernière réunion. M. Oscar Mercier, qui est lui aussi devenu Secrétaire de la Commission Scolaire de St‑Anselme donne un compte rendu de son administration : recettes: $1,257.60; dépenses: $1,255.20! Le léger surplus est donné aux Frères ainsi que le mobilier qui a été acheté l'année précédente. Une autre page de l'arrivée des Marianistes est tournée. Rendons hommage, en passant, à ces hommes dévoués qui savent s'effacer discrètement après avoir su prendre leur responsabilité pour une cause qui leur tenait à coeur.

UNE  ÉCOLE  MODÈLE PAS TROP À JOUR
 
Le premier août, le Frère Provencher écrit: « Nous préparons nos classes à l'école modèle. Nous désirons employer tous les pupitres dont nous nous sommes servis aux classes indépendantes. Un poêle dans chaque classe assure le chauffage. Il manque encore bien des  cchoses. Par exemple, il n'y a qu'une seule salle de toilette au deuxième étage pour deux classes. Il n'y a pas d'eau courante et pas de terrain de jeux pour les enfants!» Cette dernière remarque est loin d'être superficielle. Les activités sportives, peu développées à cette époque, tiennent une grande place dans le projet éducatif marianiste.

UNE MAISON POUR LES FRÈRES
 
Depuis leur arrivée à St‑Anselme, les Marianistes ont commencé à chercher un endroit bien à eux pour s'établir. Plus qu'un lieu de résidence, ils désirent un terrain pour y établir une maison de formation. Au printemps 1939, des pourparlers ont commencé avec M. Henri‑Louis Beaudoin, propriétaire d'une ferme de 88 acres en plein coeur du village, récemment acquise de M. Placide Roy qui y réside encore. Le 15 juin, arrive la permission de procéder à l'achat pour $5,900, et le tout est réglé le 30 août. « M. Beaudoin a aussi vendu ce qui suit pour la somme de $100: deux lits, un poêle, un buffet, un divan, neuf chaises, prélarts, une table et huit cordes de bois.» Juste à ce moment, le curé annonce qu'il doit accueillir au presbytère un de ses frères et une de ses soeurs et qu'il est à court de place. Les Frères commencent donc à emménager dans la nouvelle demeure de 118 ans, l'une des plus vieilles de St‑Anselme, mais il faut donner la priorité à la rentrée scolaire.

GUERRE DANS L'AIR
 
Juste à ce moment, un nuage devenu de plus en plus sombre éclate à l'horizon : en Europe, la guerre est devenue une réalité et sera bientôt un conflit mondial. Même si St‑Anselme est loin du conflit, la petite communauté marianiste est particulièrement touchée, parce que l'un de ses membres, le Frère Eugène Albert, est Français. D'une journée à l'autre il s'attend à être appelé dans son pays. Bien plus, note le Frère Provencher, «le Père Provincial nous annonce que nous ne pourrons pas habiter notre nouvelle maison pour le moment. Le Frère Albert pourrait être appelé à la guerre et alors nous ne serions plus que deux Frères! Impossible de nous envoyer un remplaçant.» Que faire?

AFFECTATION SPÉCIALE DE GUERRE À ST‑ANSELME
 
Un autre événement providentiel va dénouer l'impasse.» Je suis allé à Standon avec le curé, écrit le Frère Provencher le 30 septembre, pour assister à la bénédiction d'un orgue. J'ai rencontré Son Éminence le Cardinal Villeneuve. Il m'a demandé de lui écrire une lettre demandant d'intercéder auprès du Consul de France à Québec afin que le Frère Albert puisse continuer son travail à St‑Anselme.»
 
Une réponse favorable semblant assurée, les Frères reçoivent la permission de déménager. Une lettre de l'ambassade de France à Ottawa arrivera quelques jours plus tard par l'entremise du Cardinal: « J'ai le plaisir de faire savoir à Votre Éminence que pour répondre à son désir et en vue de permettre au Frère Albert de continuer ici l'oeuvre à laquelle il s'est dévoué, le Gouvernement français a placé le Frère Albert dans la position d'«affectation spéciale». Il restera donc à son poste quand l'autorité militaire fera appel aux Français de l'étranger... « Pour une bonne nouvelle, c'est une bonne nouvelle!» s'exclame le Frère Albert. Et le Frère Provencher conclut : «Voilà une preuve que la divine Providence veille sur nous et que la Sainte Vierge nous obtient bien des faveurs.»

ENFIN EN COMMUNAUTÉ 

 
Après la classe, le 5 octobre, les élèves donnent un coup de main aux Frères pour emménager dans leur nouvelle résidence. Deux jours plus tard, le Frère Provencher peut écrire non sans satisfaction: « Notre premier repas ‑ le souper ‑ fut pris dans notre nouveau local. Mme Odilon Laliberté est notre ménagère. C'est une très bonne personne. Elle prend ses repas ici mais elle loge chez elle au village. Nous la payons $20 par mois. Nous sommes enfin en communauté!»



 
M. Placide Roy, ancien propriétaire, avait un bail d'un an et ne veut pas déménager avant le mois de mai suivant. Il demeure dans la partie arrière de la maison. C'est là qu'il décédera le 27 avril 1940, âgé de 81 ans, à trois jours de l'expiration de son bail!

AMITIÉ DURABLE
 
Même s'ils ne résident plus au presbytère, les Religieux gardent un souvenir reconnaissant de ce lieu hospitalier qui fut leur première communauté à St‑Anselme. Des liens d'amitié profonde ont été établis et continuent. « M. le curé a exprimé le désir que nous allions dîner au presbytère un dimanche par mois pour cimenter l'amitié!»

ÉLÈVES D'ICI ET D'AILLEURS
 
Sous la direction des Marianistes, l'École Modèle est bourdonnante d'activités avec ses 112 élèves, de la troisième à la neuvième année. Parmi ceux‑ci, puisque la Commission Scolaire a accepté d'accueillir des élèves de l'extérieur; deux sont de Honfleur, deux de Québec et un de St‑Prosper.

AH! QUEL HIVER!

La vie s'organise tant bien que mal dans la petite communauté. Citons les souvenirs du Frère Provencher. « Il n'y a qu'une source de chaleur dans la maison : le poêle de la cuisine. Avec les froids de décembre, le thermomètre de la chambre du Frère Jacques Purcell indique 42 degrés Fahrenheit. Il déménage dans la salle à manger. En janvier, le froid devient plus intense et le Frère Albert s'enrhume. Il s'aperçoit qu'il manque un carreau à sa fenêtre et il doit ramasser la neige qui s'était introduite pendant la nuit. Le 16 janvier, nous installons un poêle au parloir. Le 18, il fait 26 sous zéro. Le 26, les égouts sont gelés. Nous n'oublierons pas l'hiver 1939‑40!»

SUCCÈS MÉRITÉS
 
Cela n'empêche pas les Religieux de faire une tâche d'éducation sérieuse, y compris le samedi pour aider les plus faibles, puisqu'au printemps,le Frère Provencher rapporte: « En juin, nous présentons nos élèves à l'examen: 6 en 7e année, et 9 en 9e. Vers la fin du mois, l'ancien professeur à l'École Modèle, M. Lavallée nous annonce que tous nos élèves ont réussi à l'examen. M. le curé est enchanté de ce succès, ainsi que nous d'ailleurs.»

DEUX ANS DÉJÀ!

Après ces deux années de présence marianiste à St‑Anselme, tout semble bien démarré et les premiers objectifs sont bien réalisés. Mais, pour la communauté, il n'est pas question de s'arrêter là. Un autre projet, prévu dès les premières démarches d'implantation, doit être mis sur pied. Il va se concrétiser au cours des années suivantes.


LE PREMIER POSTULAT
 
1940 ‑ 1947
OUVERTURE D'UN POSTULAT
 

Dès le début de 1940, le P. Juergens, Supérieur provincial, annonce aux religieux de St‑Anselme, à la suite de la tournure favorable des événements, qu'une maison pour préparer des candidats à la vie religieuse, un postulat, sera ouverte en septembre. Les Frères en informent les curés et les écoles de la région et font paraître une annonce dans l'un des journaux importants de l'époque, l'Action Catholique.

IMPOSSIBLE DE CONSTRUIRE
 

Avec les ressources disponibles, tant bien que mal, et à force de se tasser, on prévoit  pouvoir loger 8 à 10 candidats. Une construction semble impossible pour le moment, « à cause de la guerre qui fait monter les prix », et on se contente de faire des aménagements à la maison de la communauté. Pour être admis, un élève doit avoir obtenu son certificat de 7e année, et la pension sera de $15 par mois.

DU RENFORT ARRIVE
 

Pour s'occuper des 8 postulants attendus le 9 septembre, ‑ un autre s'ajoutera en octobre, ‑ la communauté s'enrichit de deux membres: un autre Frère, ainsi que le premier Père à oeuvrer à St‑Anselme. C'est ainsi que le 18 août arrive le Frère Gérard Laliberté, qui est resté fidèlement au Québec depuis ce temps. La semaine suivante, c'est au tour du Père François Jacq, un Français qui se dévouera 17 ans à St‑Anselme.

LA VIE S'ORGANISE
 
Le Frère Provencher raconte : «Les Frères Eugène Albert, Jacques Purcell et Provencher enseignent aux 106 élèves de l'école du village, tandis que le Père Jacq, secondé par le Frère Gérard Laliberté s'occupent des neuf postulants.
 
Pendant plusieurs années, les postulants devront suivre les cours avec les élèves du village. Comme nous sommes si peu nombreux, il faut donner des cours chaque soir à nos élèves de 10e année. Le dévoué Frère Albert en a plus que sa part, mais il le fait joyeusement et tout son travail ne l'empêche pas de s'intéresser aux travaux du jardin et à l'élevage de lapins. Sa récolte de tabac «canayen» est bonne et M. Blais, le barbier du village, veut bien lui en presser sous forme de «torquettes». Le Frère Jacques est jardinier en chef et réussit à merveille.
 
Il nous faut meubler notre petite chapelle. Nous avons recours à notre voisin, M. Pierre Bouchard, et, en peu de temps nous avons un bel autel, une table de communion et des bancs. L'autel nous coûte $22! Il faut ajouter que M. Bouchard s'est montré bien généreux.»

UN CHÂTEAU ET UNE REINE
 

S'entasser à 14, dont 9 adolescents et 5 adultes, dans une maison ordinaire n'est pas sans causer plusieurs problèmes. Belle occasion de développer l'esprit de famille, l'une des caractéristiques des Marianistes. Avec humour, les jeunes appellent leur nouveau milieu de vie: notre château. Mais ils y vivent, malgré les inconvénients, des jours heureux dans le partage des tâches, les activités sportives et la poursuite de leur idéal de vie. Ils ont l'occasion de l'exprimer le 8 décembre comme le rapporte le Frère Provencher:» À l'occasion de la belle fête de l'Immaculée Conception, nos postulants font leur acte de consécration à Marie et reçoivent une médaille‑souvenir. Cette cérémonie imposante se déroule dans notre petite chapelle.» Nous constatons que s'ils vivent «une vie de château», les jeunes savent rendre hommage à leur Reine et sont prêts à s'engager pour elle.

AGRANDISSEMENT
 

D'autres vocations se découvrent pour l'année suivante. Où les loger? Pendant un moment, il est question d'acheter ou de louer une maison du voisinage mais un projet d'agrandissement de 32 pieds semble le plus raisonnable. En se serrant bien, on pourra peut‑être loger une trentaine de sujets.
 
M. Maurice Felteau et un constructeur de St‑Lambert entreprennent le chantier à la mi‑mai, pour un salaire de $650. Le

24 juin, il ne reste plus que la peinture à faire dans ces nouveaux locaux qui serviront de salle d'étude et de dortoir. MM Alexandre Baillargeon et Ludger Michaud s'en chargent. Grâce à ces aménagements, 13 postulants auront un meilleur milieu de vie à l'automne.

PREMIÈRES VOCATIONS
 
Mais auparavant, en cette année 1941 un autre pas important pour l'implantation des Marianistes au Québec, est franchi. Trois premiers candidats acceptent de s'engager dans une autre étape vers la vie religieuse en commençant leur noviciat. C'est un geste sérieux qui demande un endroit propice au mûrissement de sa vocation. Puisque les Marianistes du centre des États‑Unis ont déjà une telle organisation à Galesville, au Wisconsin, nos trois généreux jeunes gens se mettent en route dès le premier juillet. Ce sont Alfred Allen et Marius Lessard de St‑Anselme ainsi que Germain Paradis de St‑Prosper. Ils passeront une année entière en «exil». C'est à ce prix que les Marianistes pourront devenir un jour autonomes et rayonner à leur tour. L'épreuve d'un séjour aux États‑Unis était profitable, élargissant l'esprit au contact d'une mentalité différente, favorisant la connaissance de l'anglais, avantage précieux dans un pays comme le nôtre.

RECRUTEMENT INTENSIF
 

Dans tout processus de mûrissement, il est inévitable qu'une sélection s'opère graduellement. C'est encore plus vrai pour l'engagement dans la vie religieuse. Il faut donc beaucoup de candidats au départ. C'est dans cet esprit que le Père Jacq, de concert avec ses confrères, met sur pied une organisation de recrutement en entreprenant de visiter les écoles de la région pour y trouver des candidats.

DU CHEVAL À L'AUTO
 
Mais, nous dit le Frère Provencher, « il ne peut aller bien loin, car il n'a qu'une voiture tirée par le cheval «Pitou» pour assurer ses déplacements. Afin d'améliorer ces conditions, il apprend à conduire l'auto de M. Alphonse Morin, qui est toujours prêt à rendre service aux Frères». Ce brave homme a toujours été pour nous un ami fidèle et dévoué. Que de problèmes il nous a aidés à résoudre! Ce serait trop long à énumérer...»

D'UNE ÉCOLE À L'AUTRE
 

Malgré sa bonne volonté, le Père Jacq n'est jamais devenu un expert en conduite automobile. Par contre, le Frère Gérard, toujours prêt à rendre service, l'a accompagné plus d'une fois sur les routes de Dorchester, Bellechasse, Lévis, Lotbinière, et même vers la Gaspésie et le Saguenay‑Lac St‑Jean. D'une école à l'autre, et d'un bout de rang à l'autre, le Père Jacq en profitait pour lire un bout de bréviaire, tâche jamais terminée.
 
Au cours de l'hiver, les déplacements sont au ralenti, car les routes ne sont ouvertes à la circulation automobile qu'au mois d'avril, et, parfois très tard, comme en 1939 où on peut lire en date du 28: « Les chemins sont enfin ouverts jusqu'à Québec.»

THÉÂTRE AU POSTULAT
 
Au postulat de St‑Anselme, en plus du hockey, on sait mettre à profit cette longue période d'hiver et de printemps. Le Père Jacq est un grand amateur de théâtre. Entouré de talents en herbe, il se fait metteur en scène et prépare patiemment des pièces de théâtre à caractère religieux. Le Frère Jacques Purcell, qui a une certaine habileté pour le pinceau peint une toile de fond et les décors. Mlle Laura Fecteau se fait maquilleuse tandis que le Frère Gérard est accessoiriste et souffleur. Et chaque printemps, les tournées commencent. D'abord, à la salle du couvent de St‑Anselme, puis les invitations arrivant de partout à une époque où la télévision est inexistante, on fait le tour des paroisses : Ste‑Marguerite, St‑Gervais, Ste‑Claire, St‑Lazare, Honfleur, Armagh, Scott, St‑Léon de Standon, et même du côté de Lévis. Ces séances, comme on les appelait, firent beaucoup pour faire connaître les Marianistes.

AH! QUE C'EST PAUVRE!

En 1942, le Cardinal Villeneuve est en visite à St‑Anselme. Il vient voir cette oeuvre qu'il a accepté dans son diocèse quatre ans auparavant. Ses commentaires en allant d'une pièce à l'autre furent : «Ah! que c'est pauvre! Que c'est pauvre! «C'était tout à l'honneur de ces pionniers qui arrivaient à beaucoup de réalisations avec des moyens modestes, en temps de guerre par surcroît. Et l'on comprend encore mieux l'humour des jeunes qui parlaient de «leur château»!
 
 


A la fin de juin, Frère Provencher est heureux d'écrire: « Nous présentons vingt élèves aux examens de fin d'année. Un seul manqua son certificat. Deux autres courageux partent pour le noviciat : Paul Lambert et Jos.‑Albert Lavallée. Le 6 août arrive un nouveau préfet, le Frère Paul Pratte. L'année précédente, c'était le Frère Louis Blume, un Américain, qui apprit vite le français mais qui fut demandé pour une autre tâche en février. A la rentrée, il y a 25 postulants. Le local devient déjà trop restreint. Il faudra bientôt penser à un endroit plus spacieux.»

DEUXIÈME AGRANDISSEMENT 

 

 Ce sera chose faite à l'été 1944. Sous la direction de M. Joseph Genesse, à 50c de l'heure, on fait une autre rallonge de 16 pieds qui permettra d'accueillir jusqu'à 30 postulants. Le Fr Albert Vermette est de retour à St‑Anselme et un nouveau venu, le Frère Robert Ouellette, sera préfet. L'année suivante, le Frère Albert Laurin viendra aussi apporter sa collaboration originale aux Marianistes du Québec.


Entre temps, en juillet l943, cinq candidats à la vie religieuse partent pour le noviciat: Gabriel Arsenault, Marcel Lamontagne, Harmel Laverdière, Paul‑Armand Corriveau et Daniel O'Rourke. Quatre autres ont fait le pas l'année suivante: Alcide Lacasse, Maurice Lehouillier, Dollard Beaudoin et Louis‑Philippe Lafontaine.

LA GUERRE EST FINIE!
 

L'année 1945 amène le départ regretté de l'abbé Carrier qui se retire «le coeur malade» comme il le mentionne. Il est remplacé par l'abbé Eugène Dumas qui met bientôt en chantier la construction d'une salle paroissiale, devenue depuis 1971, le Pavillon de l'Age d'Or.
 
Chez les Marianistes aussi on parle de construction. C'est que la guerre est finie et les matériaux sont de nouveau disponibles. Mais où exactement, puisque le voie ferrée coupe le terrain en deux? Des événements nouveaux vont apporter une solution car au printemps 1946, le 11 avril, le Frère Provencher écrit : « On parle de la construction d'une nouvelle route qui traverserait notre terrain du côté Est. Nous pensons à construire de ce côté‑là; nous éviterons ainsi la traverse à niveau du chemin de fer.»

CETTE FOIS, ON CONSTRUIT
 

En juillet, les travaux de la route Bégin et du viaduc commencent. Mais déjà à ce moment, le premier élément de la future maison des Marianistes est en place: un puits artésien de 98 pieds a été creusé au coût de $445 et le rendement est jugé très bon. Puis, on assiste au défilé des architectes et des entrepreneurs qui désirent décrocher des contrats. À la fin de 1946, les choix sont faits pour une construction de 4 étages ‑ on en ajoutera un cinquième par la suite ‑ en béton armé et en briques, de 210 pieds par 45. L'architecte sera M. René Blanchet, et l'entrepreneur, M. Albert Bédard. Le coût total est estimé à $300,000. Tout est en place pour ce grand projet tant attendu.

L'ESPACE ÉTAIT LIMITÉ MAIS LES COEURS ÉTAIENT GRANDS
 

Pendant ce temps, une vie intense va continuer au premier postulat jusqu'à l'automne 1948. La pittoresque description qui en a été faite dans l'album «St‑Anselme, une histoire d'amour», nous en donne une meilleure idée. «L'espace était limité mais les coeurs si grands. Les juvénistes se partageaient les tâches et supportaient les inconvénients du nombre. Pendant qu'un groupe de pensionnaires allaient recevoir des cours à l'école du village, plusieurs étudiants de la paroisse occupaient les locaux du postulat avec les autres pensionnaires. Ils poursuivaient leur cours classique en approfondissant la vie religieuse. Durant l'hiver, le poêle central était entouré. Il fallait chauffer cette habitation et surtout ses résidents. Lorsqu'on s'approchait de lui, on avait le dos qui refroidissait tandis que le reste rougissait. Il y avait aussi les mitaines et les bas de laine à sécher. A toute heure du jour, c'était le rendez‑vous des tuques, des chaussettes et des bottes. Le soir au coucher, les pensionnaires s'endormaient dans l'odeur d'une bonne cuisine mêlée à l'odeur de linge chauffé et de caoutchouc brûlé. La fatigue et l'amitié permettaient d'oublier cette lourde senteur qui imprégnait même les draps.»
 
Laissons aussi la parole à un religieux de la première heure, Germain Paradis, aujourd'hui décédé : PAS UN POUCE LIBRE : « La chapelle était la salle la plus petite; quand la communauté était réunie, il n'y avait pas un pouce d'espace de libre; plusieurs postulants devaient employer des chaises qui leur servaient aussi de prie‑Dieu.
 
Je me souviens, un jour que nous étions en récréation: je vis un postulant qui avait enlevé ses souliers et marchait sur la neige. Qu'a‑t‑il celui‑là? «Rien, dit‑il, je veux seulement me rafraîchir les pieds.» Le pauvre garçon se trouvait dans la chapelle presque au‑dessus de la bouche de la fournaise et il avait reçu plus que sa part de chaleur.

Un jour, un Frère chauffa tellement cette fournaise que les cierges sur l'autel firent la courbette. Le parloir servait à la fois de salle de récréation et à la tenue des conférences. Ce parloir était transformé en un instant. J'ai vu plusieurs conférences et plusieurs parties de bridge interrompues par un coup de cloche, annonçant un visiteur inattendu. 

UN FEU TENACE
 
Une fois il y eut un feu de cheminée qui dura plus de deux jours. Il faut savoir quelle sorte de cheminée il y avait pour ne pas rire du fait que ce feu dura deux jours. Cette cheminée était construite de pierres des champs, ce qui donnait à la cheminée des proportions immenses, mais le sommet avait été réparé avec de la brique ordinaire. L'ouverture avait quelques pouces seulement. Durant les années, la suie s'accumula dans la «grosse» partie du bas et, un jour, ce fut fatal, et le feu dura plus de deux jours. Le plâtre tomba partout et les planchers furent grillés.
 
Les neuf années que nous avons passées dans notre vieille maison parmi les rats et les souris, et surtout, la pauvreté et l'étroitesse des locaux, furent cependant des années de défrichage et d'espérance. Nous vivions dans l'espoir de jours meilleurs, et la Providence a toujours veillé sur nous.

HOMMAGE AUX PIONNIERS
 

Ces premiers dix ans furent ceux des pionniers et les religieux qui ont vécu à St‑Anselme se souviendront toujours de la vieille maison sur la côte, celle que l'on a appelé «le château». À tous les vaillants de la première heure va la gloire de cette fondation québécoise. Nous saluons ces vaillants. Ils ont travaillé ferme malgré les difficultés. Nous espérons que grâce à leurs travaux, nos oeuvres en terre canadienne prospéreront sous la garde de Notre‑Dame.»



L'INSTITUT SAINTE MARIE

1948 1972

LE MOMENT EST VENU...

«Chers amis, vous avez devant vous la maquette de notre futur Postulat Scolasticat et Maison Mère. Le chantier est sur le point de s'ouvrir. Grâce à la visible protection de la divine Providence, notre oeuvre, commencée bien pauvrement a constamment prospéré... Le moment est venu pour l'oeuvre de prendre un définitif essor. Elle va constituer au milieu de St Anselme un foyer religieux, intellectuel et moral, qui ira sans cesse en se développant, tout à la gloire de notre céleste Patronne et au plus grand bien des âmes.»

C'est ainsi que le Père Jacq fait le point sur les projets des Marianistes dans une lettre circulaire écrite au début de mai 1947, «l'année de la construction» comme on l'a appelée.

UN PRINTEMPS PLUVIEUX

À la mi avril, on veut commencer aussitôt que les chemins seront ouverts à la circulation. Le 16, les Annales mentionnent : « Parties de Québec, les machines lourdes du contracteur ont dû s'arrêter à St Henri. Les chemins ne sont pas en bon état.»

UNE OFFRE QUI ARRIVE À POINT

Les Annales enchaînent, le 19, avec une nouvelle intéressante: «M. Polycarpe Racine, notre voisin, nous offre le morceau de terrain de 700 pieds par 260 que nous voulions acheter, au prix de $2000. Cette offre arrive à point car nous commencerons les travaux sous peu et cet achat de terrain nous permettra de mieux situer la bâtisse afin d'éviter la montée du viaduc. La Sainte Vierge vient à notre aide encore une fois. Merci.» Ajoutons en passant un souvenir au sujet de M. Racine, par Frère Gérard, qui a eu souvent l'occasion

de bûcher avec lui. Cet homme pieux ne manquait jamais d'enlever sa coiffure et de faire un grand signe de croix avant de pénétrer dans le bois. Il en faisait autant à la sortie. Une belle coutume d'autrefois!

ET ÇA MONTE

Ce n'est qu'un mois plus tard que la pelle mécanique pourra commencer le creusage des fondations dans un terrain détrempé par les pluies fréquentes. Par la suite, les travaux progressent régulièrement. Le 20 août, on commence à couler le 3e étage, et le 4e suivra le 8 septembre; le 5e et dernier que l'on vient de décider d'ajouter, pour plus d'espace de remisage en particulier, sera coulé le 28 octobre.

JOUR MÉMORABLE

Entre temps, une cérémonie importante a lieu le dimanche 31 août 1947 : la bénédiction de la pierre angulaire de cette nouvelle construction qui portera le nom d'Institut Ste Marie pour rappeler l'appartenance particulière des Marianistes. Cet événement important fut présidé par Mgr Wilfrid Lebon du Collège Ste Anne de la Pocatière et délégué de l'Archevêque de Québec. Une foule considérable, venue de St Anselme et des paroisses de la région, était présente. Parmi les invités de marque, on remarquait le Sénateur Cyrille Vaillancourt et l'abbé Arthur Lacasse, poète, tous deux fils de St Anselme, ainsi que des anciens élèves des Marianistes en Europe. Les Marianistes avaient la joie d'accueillir leur Supérieur Général, nul autre que le P. Juergens qui avait présidé, dix ans auparavant, à la naissance de cette oeuvre.

DES COUPS DE MARTEAU PAYANTS

Avant de bénir la pierre angulaire, Mgr Lebon souligna les rapides progrès des Marianistes au Québec. Puis, selon l'usage, les invités vinrent frapper la pierre avec le marteau symbolique tout enrubanné et déposer leur obole. Cinq cents dollars furent recueillis. Mais bien d'autres coups de marteaux durent ensuite être donnés par les ouvriers avant le parachèvement de l'Institut. Il convient ici de rendre hommage à tous ces travailleurs de St Anselme et des environs qui ont participé à ce projet et l'ont mené avec compétence à son achèvement.

LE GRAND DÉMÉNAGEMENT

Le 5 septembre, le P. Jacq rapporte dans les Annales : «Chaque dimanche, et de nombreux soirs sur semaine, un assez nombreux public vient visiter notre bâtisse neuve. Elle a très belle apparence, et en général, est très favorablement appréciée.

   

 

. Du 7 au 13 septembre, les Scolastiques, puis les Frères s'installent dans la nouvelle maison. Le P. Supérieur, le P. Jacq, entré en fonction en juillet, occupe ses locaux. Enfin, le 14, après deux retards successifs, la rentrée des postulants peut avoir lieu. Bien que les ouvriers travaillent encore dans la maison, ils y resteront encore quelques mois la rentrée a lieu, et l'impression des parents comme celle des enfants est bonne.»

UNE MAISON BOURDONNANTE

Voilà. Une autre page vient d'être tournée avec l'ouverture de cette maison qui ne cessera depuis, malgré des modifications, d'être un lieu d'éducation. L'Institut Ste Marie se veut un milieu de vie le plus autonome possible. On y trouve trois groupes distincts: d'abord les plus jeunes, les postulants, environ 60, qui occupent l'aile nord du bâtiment et suivent les trois premières années du cours secondaire de l'époque: 8e, 9e et 10e années. Il y a aussi l'option «classique» avec latin et grec. L'aile sud est réservée aux Scolastiques, jeunes religieux qui poursuivent leur formation en vue d'un diplôme d'enseignement ou du Baccalauréat es Arts. La partie centrale est occupée par la Communauté, composée de religieux qui s'occupent de l'administration et des diverses tâches d'éducation ou de fonctionnement. Parmi celles ci, il faut mentionner les travaux de la ferme, afin de pourvoir le plus possible en lait, viande et oeufs toute la maisonnée.

PETITS ET GRANDS TRAVAUX

Il y a beaucoup d'espace pour pratiquer divers sports et permettre des loisirs sains à des personnes qui mènent une vie constante de pensionnaires, avec une courte sortie à Noël et les vacances d'été. Beaucoup d'activités apprennent aussi la valeur du travail. Il y a les «petits travaux de ménage» pour l'entretien quotidien de toute la maison, y compris le lavage de la vaisselle et la préparation des légumes. Il y a aussi les grands travaux des après-midi de congé, le mercredi et le samedi. Par exemple, aller décharger un char de charbon, charroyer du gravier pour faire du terrassement, préparer et entretenir les patinoires... Que de talents se sont exercés et développés, parfois avec des moyens de fortune! Ainsi, les «bandes de patinoires» ont été faites avec les restes des formes de la construction.

ÉTANG

Un étang a aussi été creusé par le contracteur. En automne, il permet de patiner assez tôt. Ses eaux, assez propres à cette époque, sont appréciées pour la baignade. Il fut, malheureusement, le lieu d'une tragédie : le 14 juin 1952, le jeune Ernest Labrecque de St Damien y trouve la mort à la suite d'une imprudence.

DÉJÀ L'ÉCOLOGIE

Parmi les possibilités d'activités de participation, c'est surtout le Club 4 H, sous l'habile direction du Frère Dollard Beaudoin, qui se signale. Écologiste bien avant que le mot soit à la mode, ce Club a été un excellent moyen d'éducation par diverses activités en rapport avec le respect de la nature et de la vie animale. À St Anselme, ce Club a contribué à donner un visage particulier aux terrains de l'Institut Ste Marie.

LES PELLES NE CHÔMENT PAS

Au printemps 1950, les Scolastiques creusent patiemment à la pelle, juste à côté du puits artésien, un caveau pour entreposer les légumes du jardin. Ils utilisent tout leur savoir faire, avec des moyens précaires, pour ériger au dessus, une construction en blocs de ciment pour le remisage des nombreux outils servant aux travaux d'aménagement et d'entretien.

UN ATELIER DE MENUISERIE INVITANT

L'année suivante, dans le même secteur, c'est une construction à deux étages qui prendra forme, sous la direction de M. Pierre Filteau, aidé du Frère Lucien Julien qui vient de terminer un stage d'apprentissage en menuiserie chez M. Mérilde Audet. C'est là, dans la menuiserie aménagée au dessus du garage que Frère Lucien a patiemment initié des générations de jeunes au travail du bois. Que d'heures de créativité ont été source de détente et d'enrichissement dans ces locaux simples mais accueillants.

BÉNEDICTION SOLENNELLE

Toutes ces activités et tous ces projets sont vécus sous le regard du Seigneur et de sa Mère. Pour l'exprimer par un geste plus solennel, le 10 juillet 1949, juste avant le départ des postulants pour les vacances, a lieu la bénédiction de la maison, en présence de nombreuses autorités civiles et de membres du clergé. «Nous sommes particulièrement sensibles, écrit le Père Jacq, au geste de Mgr Maurice Roy tenant à présider personnellement cette cérémonie, malgré un état de santé très précaire et une grande fatigue.»

   

Vue aérienne d'une partie de la propriété à Saint-Anselme

À LA GLOIRE DE DIEU

Sur le fronton de l'Institut Ste Marie, quatre lettres, gravées dans le granit continuent à témoigner de la foi des bâtisseurs: A. M. D. G., AD MAJOREM DEI GLORIAM ) c'est à dire, POUR LA PLUS GRANDE GLOIRE DE DIEU. C'est ainsi, au fil des ans que les Marianistes ont travaillé à l'exemple de Marie, leur Mère et leur modèle, pour apporter leur modeste contribution au projet de Dieu.

BOULEVERSEMENTS À L'HORIZON

Pendant que «dans un paisible décor de Dorchester des jeunes et leurs éducateurs vivaient leur idéal», comme on pouvait le lire comme titre d'un article du Petit Journal, 24 mai 1953, le monde continuait son évolution, et la société québécoise en fut bientôt profondément marquée. Déjà, en 1956, le Père Jacq notait : « le recrutement devient de plus en plus difficile et incertain. Les jeunes restent dans un stade de velléité plus ou moins indécise, qui se conclut à la fin par le renoncement... On sent partout qu'on est en face de la crise des vocations.»

ADIEU ÉCOLE DE RANG

Les Marianistes continuent leur tâche en essayant de s'adapter aux changements parfois rapides de la société et des mentalités. En éducation, le premier changement important fut le mouvement de centralisation scolaire, faisant affluer à l'école centrale les élèves des écoles de rang. A St Anselme, cela se fit assez rapidement. Le nombre d'élèves transportés par autobus scolaire est passé de 35 en 1959 à 130 l'année suivante. On retrouve ainsi au village 72% des élèves.

SALUT ÉCOLE PROVENCHER

Pour passer à l'intégration totale, il faut une nouvelle école centrale. Et c'est ainsi qu'est mise en chantier sur l'ancien terrain de jeu du premier postulat, la belle construction à qui on donne le nom d'École Provencher pour rappeler la mémoire du premier Marianiste à oeuvrer à St Anselme. Le 26 août 1962, le Curé Lord, sur le point de prendre sa retraite, procède à la bénédiction en présence du Frère Provencher et d'une assistance heureuse de cette
réalisation. la direction en est confiée au Frère Dominique Martineau, et des confrères partagent avec des laïcs les tâches d'enseignement. Que de chemin parcouru depuis la modeste salle de classe dans une maison de la rue Principale à qui les gens avaient donné le nom d'École Provencher!

ON PARLE DE POLYVALENTE

Une autre orientation se fait aussi sentir en 1960, à la suite de l'entrée en vigueur du nouveau programme des écoles secondaires. C'est la naissance des écoles secondaires régionales appelées assez rapidement polyvalentes. A St Anselme, on n'en est pas encore là, mais on en parle. Pour le moment, trois classes d'externes, confiées à des Frères, sont installées cette année là dans les locaux de l'Institut Ste Marie.

À L'INSTITUT, ON S'INTERROGE

Que devient le postulat? «Faut-il l'abolir? Faut-il le garder? Faut il l'adapter?» Telles sont les questions auxquelles les religieux sont invités à réfléchir dès la rentrée de 1960. «Discutez sérieusement de ce problème à tous les échelons. Vos commentaires, suggestions, éclairs de génie... apporteront une pierre à l'édifice que nous construisons.»

ORIENTATION NOUVELLE

Peu à peu, l'unanimité se fait dans la direction suivante: « Avec la maison actuelle, organiser les cours classique et secondaire. Accepter les élèves bien disposés et capables de suivre l'un ou l'autre cours. Dans ce milieu, amener peu à peu les plus généreux à vivre un engagement plus profond accepté de l'intérieur et non imposé de l'extérieur.»

AUGMENTATION DES PENSIONNAIRES

À la rentrée de 1961, les annales mentionnent qu'il y a plus de 90 pensionnaires et que «désormais, on ne les appellera plus postulants. Il y aura aussi des sorties mensuelles...Avec grande joie, nous apprenons que nous venons d'être admis au nombre des Collèges sur la liste de la Fédération des Collèges classiques.

AGRANDISSEMENT À L'INSTITUT

Avec une telle orientation, les demandes affluent à l'Institut Ste Marie, si bien qu'il faut songer à agrandir, tout en se demandant si une école régionale ne serait pas établie dans les environs. Il semble préférable d'aller de l'avant, et le Père Gabriel Arsenault, Supérieur, entreprend de nombreuses démarches qui aboutissent à la mise en chantier, au printemps 1963, d'une construction d'envergure, au coût d'un demi million. L'architecte est le même qu'en 1947, René Blanchette, et l'entrepreneur est Roland Gendron. Les travaux vont bon train, et, dès septembre on est en mesure d'accueillir plus de 160 pensionnaires et une trentaine d'externes.

LA PROVINCE CANADIENNE EST LANCÉE

À ce moment de son histoire, l'oeuvre marianiste au Québec semble arrivée à maturité. Depuis 1962, pour donner une plus grande autonomie de fonctionnement, les Supérieurs américains ont créé une Unité Régionale Canadienne, premier pas vers une administration provinciale. Celle ci devient une réalité le premier juillet 1964. Les annales rapportent: « La Province Canadienne est lancée! Cérémonie du serment d'office du Père Provincial, le Père Gabriel Arsenault, et de son assistant, le Frère Dollard Beaudoin. Banquet pour marquer cette grande occasion. Frère Provencher représente la section Ouest de la nouvelle Province Canadienne.»

Voilà qu'après guère plus d'un quart de siècle de présence au Québec la Société de Marie canadienne devenait autonome, et l'Institut serait la Maison mère tel que projetée par les pionniers.

CONVERSATIONS ANIMÉES

Pendant qu'à St Anselme les activités battent leur plein, la réforme scolaire se concrétise de plus en plus, surtout avec l'application du Rapport Parent sur l'éducation au Québec. Il faut de nouveau s'interroger. C'est ce que nous voyons dans le «Marianiste Canadien», publication destinée à entretenir des liens de famille, dès janvier 1965: «L'avenir de l'Institut Ste Marie continue d'animer les conversations : en fera t on un sous centre de la Régionale Louis Fréchette? Sinon quoi? Car il semble bien qu'il ne sera pas facile d'offrir bien des options à un petit nombre d'élèves comme nous avons... Surtout avec la disparition du cours classique.» Puis, en février:»Les chances de l'Institut Ste Marie de devenir sous centre dans le système des écoles régionales ne semblent pas très brillantes; il a été recommandé par le Comité de planification que Ste Claire et St Gervais deviennent des sous centres...»

DÉBLOCAGE RAPIDE

À l'été 1965, c'est un nouveau son de cloche: «St Anselme a été choisi pour le moment comme sous centre de la Régionale. Des transformations sont en vue pour partager un grand dortoir en 4 classes et une salle d'étude en 2 classes. Huit classes seront louées par l'Institut à la Commission scolaire. On y recevra les élèves du secondaire: 10e et 11e scientifiques, garçons et filles. Frère Lionel Labrecque est Directeur. Une Soeur du Couvent devient Directrice pour le primaire...» Le Cours classique passe sous le contrôle de la Régionale en 1966 et s'achemine vers sa suppression en 1970.

UNE ÉQUIPE FORMIDABLE

L'Institut devient pensionnat de semaine. A cause de la facilité du transport scolaire, il n'y a plus que 30 pensionnaires. A la fin de l'année on le supprime complètement. «Pour s'occuper de cette gent étudiante, 41 professeurs besognent tout le jour : Frères, Soeurs, laïcs masculins et féminins, mariés et célibataires : une équipe formidable...» Le grand parloir est devenu salon des professeurs où se jouent des parties de cartes mémorables.

LE CHOIX EST RATIFIÉ

En janvier 1968, le Ministère de l'Éducation sanctionne la décision de la Régionale Louis Fréchette « qui a choisi St Anselme comme lieu d'une école polyvalente de 1400 élèves. Le Père François Boissonneault, nouveau Principal de l'école, entre en fonction au tout début de juillet et s'occupe activement de la distribution des cours et de la préparation des horaires avec son adjoint M. Joseph Lavallée.

UNE OFFRE ALLÉCHANTE

Un article paru dans le Soleil, le 3 décembre de la même année nous apprend que «les Frères Marianistes ont offert gratuitement un terrain de 1,500,000 pieds carrés pour la construction d'une école polyvalente à St Anselme. Les Commissaires demanderont donc au Ministère de leur accorder l'autorisation de se porter acquéreur de ce terrain et aussi de poursuivre les négociations pour l'achat de la bâtisse appartenant à cette congrégation.»

RÉTICENCES DANS L'AIR

Une réunion tenue en 1969 prévoit l'apparition du regroupement général des élèves de 8e,9e,10e et 11e années des paroisses de St Malachie, Ste Claire, St Isidore, Honfleur, St Gervais et St Anselme. L'article se termine ainsi: «on sait que les gens de Ste Claire s'opposent vivement à tout regroupement à St Anselme.»

DOUBLE HORAIRE

La rentrée de septembre 1971 amène une occupation de l'Institut à 200%! En effet, le regroupement scolaire est devenu une réalité et de plus la 7e année a été supprimée avec l'arrivée du cours secondaire en cinq ans. Le double horaire regroupe 1,150 élèves.

DE LA LOCATION À L'ACHAT

Puisque tout marche si rondement dans ces locaux loués par la Commission Scolaire, il est inévitable qu'un dernier pas soit franchi. C'est chose faite peu après selon le compte rendu que voici: « A sa réunion d'octobre, la Commission Scolaire Régionale a adopté une résolution relative à l'achat par elle de l'Institut Ste Marie de St Anselme, et la nouvelle a paru les jours suivants dans la presse régionale...» Pour cette année, la communauté continue à occuper les locaux qui étaient déjà à son usage... D'ici un an ou deux, d'autres faits pourraient intervenir qui éclaireront davantage les gens sur la décision à prendre.»

UN CHOIX DÉCHIRANT

Avec cette transaction, une autre page de l'histoire de la Société de Marie au Québec vient d'être tournée. Elle aurait pu être écrite autrement, mais, dans les circonstances, compte tenu de toute la série de changements dans le monde en général et dans le monde de l'éducation et le domaine religieux en particulier, compte tenu aussi des effectifs marianistes relativement modestes, cette orientation est apparue peu à peu comme la meilleure dans les circonstances.

VIVE L'ÉDUCATION CHRÉTIENNE

L'Institut aurait peut être pu avoir un avenir plus éclatant; il aurait pu aussi devenir un éléphant blanc. Avec une équipe d'éducateurs proches des religieux, il offre à la jeunesse un milieu d'apprentissage où les valeurs chrétiennes sont à l'honneur. Devenu POLYVALENTE, il continue sa vocation bien exprimée en lettres d'or: ENSEMBLE, BÂTISSONS NOTRE AVENIR.
 

ENRACINEMENT À ST-ANSELME

Il faut quitter l’institut

Au seuil de leur 35e année de présence à St-Anselme, les Marianistes eurent à vivre des changements importants. Sitôt vendu à la Régionale Louis-Fréchette, l’Institut subit des transformations intensives au cours de l’été 1972, pour y loger 1265 élèves à cause du double horaire. Les religieux doivent s’adapter : «Nous libérons progressivement la plupart des locaux occupés jusqu’ici par la communauté, nous entassant dans les quelques chambres ou même dans la sacristie.» Les démarches en vue de se reloger ont commencé au printemps. Mais où? On regarde un peu du côté du village, mais il y a aussi des possibilités sur la propriété de la communauté.

Développement rapide

Assez rapidement, l’unanimité se fait pour un endroit assez proche de l’Institut, tout en ayant une belle vue sur le lac et son parc de verdure. Une seule crainte : le bâtiment risque de rester longtemps isolé car il n’y a pas d’autres constructions dans les environs. Cette crainte fut vite dissipée. Pendant  que montent les murs de ce nouveau bâtiment de 16 chambres avec locaux communautaires connexes, tout un quartier commence à se développer à proximité.

   

 

Au fil des ans, après l’agrandissement de la Polyvalente, un aréna puis des bâtiments de l’exposition agricole viendront compléter l’aménagement de cet espace qui paraissait si dénudé.

Enfin chez soi

Les travaux de la nouvelle résidence progressent assez rapidement… À la fin de septembre, le toit est couvert, les fenêtres installées. Plombiers et électriciens sont à l’œuvre. Même si les constructeurs ne pourront terminer leur travail qu’en janvier, les religieux profitent du congé de Noël pour procéder au déménagement. Pour la plupart, c’est une expérience nouvelle de pouvoir se retrouver dans un endroit différent du lieu de travail pour mener une vie de communauté. Messes et agapes sont célébrées avec les confrères de la région, heureux de venir fêter l’événement.

Le travail continue

À la reprise des cours, ce milieu de vie communautaire permet aux religieux de poursuivre leurs divers engagements à la Polyvalente dans des tâches de direction, d’enseignement, de pastorale et même dans le secteur de l’alimentation où une équipe active est à l’œuvre jusqu’en 1978.

Avec le passage des années, les confrères plus âgés arrivent à l’âge de la retraite, mais cela ne les empêche pas de s’occuper de divers travaux d’entretien à la résidence et sur la propriété, en particulier du côté du jardin.

Ouverture et accueil

La Communauté essaie de se faire accueillante et ouverte à la population, en particulier aux gens du quartier. Qui n’est pas venu faire une promenade familiale autour de l’étang ou refaire sa provision d’eau fraîche près de la résidence? Cet esprit d’accueil s’est manifesté plus spécialement envers des familles de réfugiés asiatiques… D’autres personnes ont également partagé la vie des Marianistes pendant quelques années : les abbés Gérard Larochelle et Laurier Morasse. «Ces deux prêtres sont bien intégrés à la Communauté; ils nous apportent soleil et vie.» C’est aussi le cas de jeunes élèves inscrits à l’option agricole à la Polyvalente. Originaires de paroisses parfois éloignées, ils peuvent y poursuivre leurs études dans un cadre fraternel.

Pastorale paroissiale

Au moment où les religieux prenaient possession de leur résidence, un autre projet se concrétisait aussi pour eux. Les autorités du Diocèse de Québec confiaient aux Marianistes la responsabilité pastorale de St-Anselme. Voici le récit que nous en a laissé l’abbé Ernest Arsenault, curé de la paroisse : «Dimanche, le 7 janvier 1973, a été marqué par un événement inusité, mais tout à fait à la louange de la Communauté chrétienne de S-Anselme. On accueillait un nouveau curé : le père Gabriel Arsenault, Marianiste, et on offrait un témoignage de reconnaissance au curé Ernest Arsernault qui prenait sa retraite dans la partie est du presbytère. Les marguilliers et les responsables de la Pastorale ont voulu que ce soit leur ancien curé qui présente le nouveau. Tout s’est déroulé au cours des messes dominicales…»

Puisque le Père Paul Lambert était déjà vicaire depuis septembre (1972), une communauté marianiste occupe désormais les lieux où l’abbé Omer Carrier avait accueilli les premiers éducateurs religieux en 1938. Des Sœurs Servantes du Clergé viennent assurer les tâches domestiques….

Au service du peuple de Dieu

De nombreuses activités stimulent le zèle des confrères en cette période de renouveau liturgique  et pastoral. À l’automne 1977, le Père Gustave Lamontagne, animateur de pastorale au Cegep Lévis-Lauzon, porte secours à la paroisse de Honfleur dont le curé est malade, et il prend officiellement la relève à la suite de son décès, tout en formant communauté à St-Anselme. Depuis 1983, une équipe marianiste de trois prêtres assure le ministère paroissial à St-Anselme, Honfleur et partiellement à St-Henri.

Avec la participation de plus en plus active des laïcs, divers projets d’animation pastorale et d’éducation de la foi prennent naissance : renouement conjugal, club des 18-25 ans, cursillo, relève, groupe de prière, service d’orientation sacramentelle du baptême et du mariage.

Ainsi,  que ce soit à la communauté du presbytère ou de la résidence, les religieux de St-Anselme s’efforcent d’apporter une présence communautaire dans la tradition marianiste. Inspirés pas l’exemple de Marie et soutenus pas sa présence, ils vivent leur engagement dans un esprit de disponibilité et d’ouverture, avec le souci de s’adapter à travers les multiples changements, pour prolonger leur enracinement dans cette belle région du Québec.

 

 

 

 



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